La croisée des destins
Chapitre 1 : Cécilia Merrier
“Aaaaaaahhhhhh !”
Je me réveillai en sursaut. Mon cri d’effroi se répercuta
contre les murs de ma chambre. La respiration saccadée, je m’assis dans mon lit
et allumai ma lampe de chevet. Mon réveil indiquait qu’il était deux heures du
matin. Cela faisait deux mois que je faisais ce rêve qui, chaque fois, me
paraissait si réel. Et, chaque fois, je me réveillais au même moment.
Mais, avant d’aller plus loin... Je m’appelle Cécilia
Merrier. Je suis une adolescente de 15 ans, grande et mince, aux longs cheveux
bruns, et aux yeux noisette. Et je vis, avec mon père, dans un petit haras, en
Normandie. Autant que je m’en souvienne, j’avais toujours vécut ici, même après
la mort de ma mère, huit ans plus tôt. Et, autant que je m’en souvienne,
j’avais toujours eu une passion pour les chevaux. En effet, j’étais née parmi
les chevaux, et j’avais grandi parmi eux.
Entourée des murs familiers de ma chambre, me calmant peu
à peu, je jetais un coup d’œil à ma chambre. Celle-ci, grande et spacieuse,
montrait la passion de sa “locataire”. Trois des murs blancs et la porte
étaient couverts de posters. Les diplômes des différents examens d’équitation,
les galops, passés au club voisin ainsi que les prix que j’avais gagnés avec
mes chevaux, en concours, recouvraient le quatrième mur tandis que des photos
encadrées de mes chevaux, des livres sur les chevaux et des statuettes équines
jonchaient les étagères. Je me levai et m’approchai des photographies. L’une
d’elle me représentait, à deux ans, plutôt fière, sur une jument grise, que ma
mère tenait par le licol. Une autre, prise deux ans plus tard, me montrais sur
Bimbo, un poney que mes parents lui avaient acheté. Sur une troisième, on me
voyait, âgée de dix ans, aux côtés d’un magnifique poulain noir. Sur une autre,
on me voyait, juchée sur Éclipse, mon étalon Anglo-Arabe, de quatre ans, à la
robe d’un noir de jais, lors d’un concours officiel. Une cinquième, que
j’aimais particulièrement, me représentait sur Casiopée, ma jument
Selle-Français de neuf ans, à la robe de feu, au grand galop, mes cheveux aux
vents, sur la plage, en dessous de chez moi.
On frappa alors à ma porte, me faisant sursauter, et un
homme, inquiet et fatigué, entra dans la pièce.
“- Cécilia ? Tout va bien ? Je t’ai entendu crier !
- Oui P’pa !
Rassure-toi ! J’ai juste fait un mauvais rêve ! Tu peux aller te recoucher,
tout va très bien !
- Ah, très bien
ma chérie ! Ne te couche pas trop tard. Et, au fait, ne sors pas Casiopée,
demain matin ! Le Maréchal-Ferrant doit passer !
- D’accord, pas
de problèmes ! De toute façon, comme je dois la monter en concours, dans deux
jours, je comptais lui laisser un jour de repos ! Au fait, ça ne te dérange pas
si je vais sur la plage avec Éclipse ?
- Non ! Du moment
que tu restes prudente !
- Moi, j’le suis
toujours ! Va te coucher, p’pa ! lançai-je, avec un sourire. Tu te lève tôt,
demain !
- Oui, ma puce !
J’essayerais de ne pas trop tarder, pour rentrer à la maison !
- Prends tout le
temps qu’il te faudra ! Et ne m’appelle plus “ma puce”, j’ai quinze ans, quand
même !
- Bonne nuit, ma
grande !
- Oui ! Oui ! Toi
aussi !”
Mon père referma la porte.
J’attendit que la porte de la chambre de mon père se soit, à son tour,
refermée, avant de regagner mon lit.
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